L'estime de soi, c'est comme un muscle que l'on peut travailler, ça nous aide à nous sentir bien...

Dernière mise à jour : 9 juil.


Pourquoi transmettre ce concept aux enfants ? A l’âge adulte, il a été nécessaire de réparer mon cœur abîmé qui s’apprêtait à s’éteindre. Il avait reçu tant de mots et de gestes cailloux suite au harcèlement scolaire dont j’ai été victime, et aux épreuves de ma vie, notamment liées à l’abandon de mes parents et à ces années de survie. J’ai donc compris tardivement l’importance du concept de l’estime de soi, lié à ce sentiment de bien-être, qui contribue à l’état de bonheur que nous recherchons tous.


D'après toi, c'est quoi l’estime de soi ?

C’est l’image que l'on a de nous, la valeur qu’on pense avoir, notre importance en ce monde. Elle se construit tout au long de notre vie, à travers nos expériences, notre regard, et le regard des autres aussi. L’estime de soi permet de s’accepter tel que nous sommes, avec nos forces et nos vulnérabilités. Elle permet aussi d’encourager la confiance en soi pour oser entreprendre. J’ai maintenant la certitude que plus tôt, chaque individu a conscience de l’importance de ce concept, plus tôt il peut nourrir son estime de lui. Et je suis convaincue que ce concept favorise le bien vivre-ensemble, car il invite à l’état de paix intérieur et de ce fait, à l’état de paix extérieur.


En effet, par expérience, je sais que ces malveillances : critiques, ragots, brutalités, mots cailloux, harcèlement, compétition… sont utilisées pour prouver sa valeur en ce monde. On utilise l’autre pour briller davantage en société, pour se sentir exister, se convaincre, se rassurer que l'on est mieux que... Or, si l'on se sent bien dans ses baskets, en connaissant sa valeur, ses qualités, ses défauts, on s’accepte et on accepte la singularité de chacun. Dès lors, nous n’avons pas besoin d’enfoncer l’autre pour se sentir exister. Au contraire, on peut ainsi découvrir la force de la coopération, la beauté de la solidarité, la richesse de nos différences.


Si notre arrosoir est vide, nous ne pouvons pas offrir de l’eau aux autres fleurs qui nous entourent. Si nous ne savons pas comment le remplir, nous ne distribuerons pas cette eau à volonté par peur de manquer. Ou nous pourrions penser que piller l’arrosoir d'autrui, en le dévalorisant, en l'abîmant, en l’écrasant ça mettra davantage le nôtre en valeur. Mais non ! Ce n’est pas la solution, ça ne fonctionne pas ainsi ! Au contraire, ça abîme encore plus le contenant…





Quelle est ton idée pour étayer ces propos auprès du public enfant ?

L’image de la coccinelle, dont la symbolique est positive en étant associée à la chance, au bonheur, à l’arrivée d’une bonne nouvelle. J'invite les enfants à Imaginer que nous portons tous en nous une coccinelle dans notre cœur ! Parce que nous sommes tous différents, notre coccinelle l’est tout autant (libre à chacun donc de la visualiser, de la créer). La mienne, je l’imagine, dorée comme le soleil avec un tas de petits points noirs ! Mais elle n’a pas toujours été ainsi et c'est ce que j'explique au public par des histoires et mon témoignage de vie…


Longtemps, ma coccinelle, était vide, malheureuse. Elle perdait petit à petit son identité, à force de recevoir des mots cailloux comme « t’es moche, t’es nulle, pourquoi tu existes? » Mais aussi par ces gestes cailloux irrespectueux : affaires abîmées, regards noirs ou qui ignorent, rire moqueur, tapes derrière la tête, manteau piétiné, la dernière à être choisie, verre d’eau renversé sur ma chaise à la cantine pour permettre à quelqu’un de s’écrier « regardez, elle a fait pipi ! » Ces comportements malveillants faisaient perdre à ma coccinelle ses points. Résultat, mon estime de moi était fragile, je ne me sentais pas importante, inutile et même dégoutante.


Plus tard, j’ai appris à prendre soin de cette coccinelle qui habite dans mon cœur, en me respectant, en m’encourageant. Mais aussi en agissant ainsi avec autrui, car on se sent bien quand on aide les autres à se sentir bien. Tu l’auras compris, ces mots bisous, ces gestes bisous, aident notre coccinelle à gagner ses petits points noirs. Alors à ton tour !


Comment rencontrer ce concept de la coccinelle dans Les Histoires de Mauricette ? Au cours de l’atelier Art-Con-Fiance, séance numéro 2 « estime de soi », l’atelier «différence et harcèlement », spectacle « Bisous Cailloux, le pouvoir des mots ». Dans les livres de la trilogie "Le Moustique Trisomique".


>>> Découvrir outil éducatif dans la "boîte à outils de Mauricette" pour définir l'estime de soi et apporter des astuces pour la développer.



Amandine Lefrançois, fondatrice de Les Histoires de Mauricette



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